Il existe trois agences globales de notation financière globales:
Moody's, Standard & Poor's et Fitch Ratings (Duff&Phelps a été absorbé par FitchIBCA devenu Fitch Ratings) (1 500 personnes réparties dans 40 bureaux et filiales dans le monde et intervient dans 75 pays)
Les réhausseurs de crédit MBIA et Ambac s'effondrent à Wall Street
Certains banques tentent de rassurer le marché et les clients mais le mal est sans doute plus profond que l'on pourrait nous faire croire.
Si l’ensemble des réhausseurs de crédit se comporte de la même manière, la crise du système financier s’aggravera significativement:
D’une part par l’impact sur les dépréciations d’actifs des banques.
D’autres part sur la liquidité et le marché des titres adossés à des créances, qu’aujourd’hui l’ensemble des fonds d’investissement possèdent.
En effet, les réhausseurs permettent, grâce à la couverture de risque de défaillance qu’ils sont censés apporter, une augmentation de la note des actifs de type Assets Backed Securities et autres Mortgage Backed Securities de la part des agences de notations.
Or, les grandes institutions financières ne peuvent bien souvent statutairement pas investir dans des titres dont la note est inférieure à une certaine valeur. On aurait donc une aggravation de l’assèchement du marché, qui ne porte déjà pas très fort.
Devant une telle divergence entre les intérêts des actionnaires et de l’ensemble du système financier actuel, on peut douter que les premiers parviennent à faire entendre leur position à la direction générale. D’ailleurs, la solution qui se profile à l’horizon semble plutôt le renflouement du système par lui-même: l’intervention des banques pour sécuriser leurs propres actifs au travers des réhausseurs de crédit.
Selon certains observateurs, la crise des crédits à risques est loin d'être terminée
Il n’est pas certain que la vague de dépréciations d’actifs soit fini. Citigroup possède encore dans son portefeuille plus de 30 milliards de dollars d’actifs liés aux subprimes et l’état du marché (notamment du point de vue de la liquidité des actifs circulants) est loin d’être maîtrisé.
La crise du bancaire est en train de se prolonger par une crise du CDS (Credit Default Swap)
Cette deuxième tempête est par ailleurs loin d’être à son pic et risque fort de toucher les mêmes banques par retour du bâton.
L’impact sur les banques est connu: dégradation de la note des certains produits financiers liés au subprime dans leurs actifs (du fait d’un risque de non remboursement en cas de défaillance de paiement), et donc nouvelle vague de dépréciations d’actifs.
Crise du subprime
Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour le rehausseur de crédit FGIC. L'agence de notation Moody's Investors Service a annoncé jeudi qu'elle avait abaissé de six crans, de "AAA" à "A3", sa note sur FGIC, évoquant notamment la dégradation du bilan du rehausseur de crédit.
FGIC est ainsi le premier des trois principaux rehausseurs de crédit américains, touchés de plein fouet par la crise des "subprime", à perdre sa note "AAA" auprès des trois grandes agences de notation. S&P avait ramené sa note sur FGIC, détenu par l'assureur de crédit immobiliers PMI et par les fonds d'investissement Blackstone Group, Cypress Group et CIVC Partners LP, à "AA" le 31 janvier et Fitch la sienne à "AA" le 30 janvier.
Moody's a précisé dans un communiqué que ses notes sur les deux autres géants du secteur, MBIA et Ambac restaient sous surveillance avec implication négative, ajoutant qu'elle devrait finaliser son examen d'ici quelques semaines. L'agence de notation précise toutefois que, par opposition à XL Capital - dont elle avait abaissé la note le 7 février- et à FGIC, MBIA et Ambac avaient des positions plus solides en termes de fonds propres et de perspectives d'activité.
Les rehausseurs de crédit américains sont devenus des acteurs centraux dans la crise du crédit provoquée par celle des "subprime", ces prêts immobiliers consentis à des emprunteurs offrant peu de garanties de solvabilité.
Si jamais ils devaient tous perdre leur note "AAA", les spécialistes craignent que les quelque 2.500 milliards de dettes assurés par les rehausseurs soient également dégradés, ce qui pourrait déclencher un mouvement de ventes massif.
La décision de Moody's intervient le jour même d'une série d'auditions devant une sous-commission de la Chambre des représentants consacrée aux services financiers, au cours desquelles des régulateurs du secteur de l'assurance et d'autres responsables sont interrogés sur l'état des rehausseurs de crédit.
Elliot Spitzer, gouverneur de l'Etat de New York, a estimé que les difficultés des rehausseurs pouvaient provoquer un "tsunami financier" susceptible de faire des dégâts dans tous les secteurs de l'économie.
Comme ses pairs, FGIC s'était initialement concentré exclusivement sur la garantie de type de titres mais s'est ensuite lancé dans des produits structurés plus risqués pour doper ses revenus. A fin septembre, la société avait fait état de 315 milliards d'émissions obligataires assurées, dont 31 milliards de créances liées à des crédits immobiliers et 28 milliards de d'obligations à collatéral (CDO, Collateralized debt obligations), ces dernières étant des portefeuilles de créances classées en tranches en fonction du degré de risque. Les rehausseurs courent le risque de devoir payer des milliards de dollars pour avoir assuré ce type de créances.